Mission à Nioki, janvier 2018

Dernière mise à jour : 24 mars

Pour la douzième fois, une équipe d'OWW a débarqué à Nioki, dans la province de Mai-Ndombe au Congo RDC. Littéralement, car c'est Kin-Avia qui nous y emmène. Survoler à nouveau le Congo a été un plaisir car de 1000 à 1500 mètres d'altitude, le paysage montre toute sa beauté cachée. Il est arrivé que des turbulences vous secouent, mais cette fois-ci, rien de tout cela ; ce fut un vol agréable et des retrouvailles agréables avec les frères. En tant que membres de la vieille garde, ils m'ont salué à la manière congolaise : en tapant leurs têtes crépues contre mon crâne chauve. La trop sympathique DGM, la police des migrations, récupère nos passeports et note nos coordonnées, lunettes OWW sur le nez, pour la énième fois dans un registre effiloché. Quelle différence avec Kikwit, où je vais parfois, où c'est un gang de voleurs qui, l'année dernière, à coups d'excuses et de menaces, m'a fait tomber 140 dollars des poches. La vieille garde : Jacqueline Koller médecin, chirurgienne et big boss ; Bruno Smeets médecin chirurgien, "le roi du faco" ; Lieve Verkeyn infirmière et plaque tournante du bloc, alias Lieveke.




Les plus expérimentés : Anne Lefevre consultations ophtalmologiques ; Brigitte Bosschaert chirurgie ophtalmologique et consultations, Raphaëlle Boursoit administration et finances ; Anouk Willems ophtalmologue. Les nouveaux ajouts : Anthony Cornette, administration et finances, Els Dobbelaere l'optométriste de Pearle qui tiendra le magasin de lunettes, Hedwig Sillen assistante ophtalmologue, Isabeau Houben assistante ophtalmologue et Karolien Vits, l'infirmière qui assistera Bruno. En pratique, je suis le réparateur de tous les problèmes techniques possibles, et malheureusement aussi impossibles. Le reste du temps, je suis l'homme du magasin de lunettes, dans la mesure où il ne sera pas géré par Els. Cette année, c'est Els, l'année dernière c'était Hamsa et avant cela c'était Nicholas. Je ne peux que rêver de leur professionnalisme, je suis trop heureux de leur confier les cas difficiles et d'essayer d'apprendre quelque chose d'eux. Tout le matériel a été prélevé sur le stock et réparti entre le bloc opératoire, la consultation et la "lunetterie". Avec beaucoup d'aide du personnel congolais et grâce à notre routine, cela a fonctionné cette fois aussi. Les longues listes de patients programmés nous fixent, dimanche ou pas, nous nous mettons au travail. Le matériel arrive le lundi. Maintenant que les stocks ont été reconstitués, plus rien ne nous arrête et les journées deviennent de plus en plus intenses. La liste d'attente est remplie page après page. Dès 8 heures du matin, avec un petit goûter dans l'après-midi, jusqu'à ce que les étoiles scintillent dans le ciel (vers 19 heures ;-) et qu'une batterie de Primus fraîches termine la journée de travail. Chacun emportera la mission avec lui d'une manière différente, une première opération réalisée en autonomie, les visages heureux de personnes qui ont retrouvé la vue après une opération de la cataracte, ou la gratitude d'un vieil homme qui peut à nouveau lire avec ses lunettes d'occasion. Je l'attends chaque année avec impatience, ce moment merveilleux, épuisant, infesté d'insectes, mais en même temps satisfaisant, avec son lien unique.

Guido






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